Carte T

Carte T agent immobilier étranger : conditions UE et hors UE

Ressortissant étranger et carte T immobilier en France : conditions UE vs hors UE, pièces justificatives, démarches CCI. Guide complet 2025.

Par Marie Gattepaille · · 7 min de lecture
En bref
  • Les ressortissants de l'Union européenne accèdent à la carte T dans des conditions quasi identiques aux Français, sous réserve de diplômes reconnus équivalents.
  • Les ressortissants hors UE doivent justifier d'un titre de séjour autorisant l'exercice d'une activité commerciale en France.
  • Dans tous les cas, les conditions d'honorabilité, de garantie financière et de RC pro s'appliquent sans distinction de nationalité (loi Hoguet, art. 3).
  • Le dossier se dépose auprès de la CCI territoriale via le Cerfa n°15312*02, accompagné des pièces traduites si nécessaire.
Sommaire de l'article

Obtenir la carte T en France en tant que ressortissant étranger est tout à fait possible. Les conditions varient selon votre nationalité : ressortissant de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen d’un côté, ressortissant d’un pays tiers de l’autre. Dans les deux cas, la loi Hoguet (loi n°70-9 du 2 janvier 1970) s’applique sans distinction. Ce sont les pièces justificatives et les prérequis administratifs qui diffèrent.

Ce que la loi Hoguet dit sur la nationalité

La loi Hoguet n°70-9 du 2 janvier 1970 ne pose aucune condition de nationalité française pour obtenir la carte T. Son article 3 fixe les conditions d’accès à la profession — aptitude professionnelle, honorabilité, garantie financière, assurance RC pro — sans restriction liée à la nationalité du demandeur.

Le décret Hoguet n°72-678 du 20 juillet 1972 précise quant à lui, en son article 2, les pièces à fournir pour constituer le dossier. C’est à ce niveau que les obligations divergent selon l’origine géographique du demandeur.

⚠️ Ne confondez pas nationalité et droit au travail. L’absence de condition de nationalité dans la loi Hoguet ne dispense pas les ressortissants hors UE d’un titre de séjour autorisant l’exercice d’une activité commerciale en France.

Ressortissants UE et EEE : des conditions quasi identiques aux Français

Les citoyens de l’Union européenne, de l’Espace économique européen (Islande, Liechtenstein, Norvège) et de la Suisse bénéficient de deux libertés fondamentales : la libre prestation de services et la liberté d’établissement. Ces principes sont inscrits dans le droit européen et transposés en droit français.

Reconnaissance des diplômes UE

La directive 2005/36/CE sur la reconnaissance des qualifications professionnelles est le texte central. Si vous êtes titulaire d’un diplôme délivré dans un État membre — équivalent à un bac+2 dans les domaines juridique, économique, commercial ou immobilier —, ce diplôme doit être reconnu par la CCI française lors de l’instruction de votre dossier.

En pratique, la CCI peut demander une attestation de comparabilité ou une décision de reconnaissance formelle selon les cas [À VÉRIFIER : la procédure exacte de saisine varie selon la CCI et le diplôme concerné]. Certains diplômes très proches (BTS néerlandais ou belge équivalent à un BTS Professions Immobilières français, par exemple) sont acceptés sans démarche complémentaire.

Pièces spécifiques pour un dossier UE

PièceRessortissant françaisRessortissant UE/EEE
Pièce d’identitéCNI ou passeportPasseport ou titre de séjour UE
Titre de séjourNon requisNon requis (libre circulation)
DiplômeOriginal + copieCopie + traduction assermentée si hors français
Reconnaissance de qualificationNon applicableParfois requise (à vérifier avec la CCI)
Casier judiciaireBulletin n°2Équivalent étranger traduit
Garantie financièreObligatoireObligatoire
RC proObligatoireObligatoire (souscription auprès d’un assureur français ou européen)

Aucun titre de séjour n’est exigé pour un ressortissant UE souhaitant s’établir en France. La CCI ne peut donc pas rejeter un dossier au seul motif d’une nationalité européenne.

Ressortissants hors UE : le titre de séjour, condition indispensable

Pour un ressortissant d’un pays tiers à l’Union européenne (Maroc, Tunisie, Algérie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Canada, États-Unis, etc.), les exigences sont plus strictes. La carte T est accessible, mais plusieurs conditions supplémentaires s’ajoutent aux critères habituels.

Le titre de séjour autorisant l’activité commerciale

C’est le point de blocage le plus fréquent. Vous devez être titulaire d’un titre de séjour en cours de validité mentionnant explicitement l’autorisation d’exercer une activité commerciale ou non salariée. Les mentions acceptées sont généralement :

  • « commerçant »
  • « profession libérale »
  • « entrepreneur / compétences et talents »
  • « résident »
  • ou toute mention équivalente selon le type de titre

Un visa de long séjour seul, un titre de séjour « salarié » ou un titre « visiteur » ne permettent pas de solliciter la carte T. La CCI vérifie ce point lors de l’instruction.

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La reconnaissance des diplômes étrangers hors UE

Un diplôme délivré hors de l’Union européenne n’est pas automatiquement reconnu. Deux voies existent :

  1. La reconnaissance de niveau par le RNCP : si votre diplôme est inscrit ou reconnu équivalent à un niveau 5 (bac+2) dans une filière compatible (droit, économie, commerce, immobilier), la CCI peut l’accepter directement.
  2. La procédure de reconnaissance de qualification professionnelle : pour les activités réglementées, une demande peut être adressée à l’autorité compétente — en l’occurrence le ministère chargé du logement [À VÉRIFIER : la procédure exacte et le guichet compétent pour la carte T, à confirmer auprès de la DGCCRF ou du ministère du Logement].

En l’absence de diplôme reconnu, l’expérience professionnelle constitue une voie alternative : l’article 3 de la loi Hoguet prévoit qu’une expérience de 3 ans comme cadre dans une agence immobilière (ou 10 ans comme non-cadre, réduit à 4 ans pour les titulaires d’un bac) peut tenir lieu de qualification.

Traduction assermentée : quand est-elle obligatoire ?

Tout document rédigé dans une langue étrangère doit être accompagné d’une traduction assermentée réalisée par un traducteur agréé par la Cour d’appel. Cela concerne :

  • les diplômes et relevés de notes
  • l’extrait de casier judiciaire étranger (l’équivalent du bulletin n°2 français)
  • les attestations d’expérience professionnelle délivrées à l’étranger

Le coût d’une traduction assermentée varie généralement entre 80 et 200€ par document selon la langue et le prestataire.

Les conditions communes à tous les demandeurs

Quelle que soit votre nationalité, les conditions posées par l’article 3 de la loi Hoguet s’appliquent intégralement.

Aptitude professionnelle

Vous devez justifier de l’une des conditions suivantes :

  • Diplôme de niveau bac+2 dans une filière juridique, économique, commerciale ou technique en lien avec l’immobilier (ex. BTS Professions Immobilières)
  • Licence ou master dans les mêmes filières
  • Expérience professionnelle (3 ans cadre, 4 ans non-cadre avec bac, 10 ans non-cadre sans bac) dans une structure autorisée

Honorabilité

Aucune condamnation définitive pour crime ou délit mentionné dans la liste de l’article 9 de la loi Hoguet ne doit figurer au bulletin n°2 de votre casier judiciaire (ou document étranger équivalent). Cette vérification est automatique lors de l’instruction.

Garantie financière

Obligatoire si vous détenez des fonds pour le compte de clients. Son montant minimum est fixé par le décret Hoguet (art. 14) à 30 000 € les deux premières années, puis 110 000 € au-delà [À VÉRIFIER : montants à jour selon le décret en vigueur à la date de dépôt]. Elle doit être souscrite auprès d’un organisme habilité (banque, compagnie d’assurance, organisme de caution).

Assurance RC pro

L’assurance responsabilité civile professionnelle est obligatoire en application de l’article 3-1 de la loi Hoguet. Pour les agents étrangers, une police souscrite auprès d’un assureur établi dans l’UE est acceptée, à condition que les garanties couvrent l’activité exercée sur le territoire français.

Déposer le dossier Cerfa n°15312*02 à la CCI

Le formulaire à utiliser est le Cerfa n°15312*02, commun aux demandes de carte T, carte G et carte S. Il se dépose auprès de la CCI du ressort du siège social de votre entreprise (ou de votre lieu d’exercice principal si vous êtes salarié habilité).

Étapes pour un ressortissant étranger :

  1. Vérifier l’éligibilité de votre titre de séjour (hors UE uniquement) auprès de la préfecture si nécessaire.
  2. Rassembler les pièces justificatives : diplômes, traductions assermentées, extrait de casier judiciaire équivalent, attestation de garantie financière, attestation RC pro.
  3. Compléter le Cerfa n°15312*02 en indiquant la mention souhaitée (T pour transactions, G pour gestion locative).
  4. Déposer le dossier complet à la CCI territoriale compétente, en guichet ou par voie postale selon les pratiques locales.
  5. Suivre l’instruction : le délai est généralement de 1 à 2 mois. La CCI peut demander des pièces complémentaires, notamment en cas de diplôme étranger.

Le coût des frais de dossier auprès de la CCI est d’environ 160 € [À VÉRIFIER : montant exact selon la CCI et l’année en cours].

📌 Formation continue obligatoire. Dès l’obtention de la carte T, vous êtes soumis à l’obligation de 14 heures de formation par an (ou 42h sur 3 ans), issue de la loi ALUR (art. 154) et précisée par la loi Macron. Cette obligation s’applique à tous les titulaires, quelle que soit leur nationalité. Le non-respect entraîne le refus de renouvellement de la carte.

Ce que les concurrents oublient de dire

La quasi-totalité des guides en ligne sur la carte T traitent exclusivement du parcours d’un candidat français. Deux angles sont systématiquement ignorés :

La question du casier judiciaire étranger. Le bulletin n°2 français est vérifié automatiquement. Mais si vous avez résidé à l’étranger, la CCI peut — et doit dans certains cas — demander un document équivalent délivré par votre pays d’origine. Ce document doit être traduit et parfois apostillé (convention de La Haye du 5 octobre 1961) selon le pays concerné.

La dualité dirigeant / salarié habilité. Un ressortissant hors UE peut demander une carte T comme dirigeant de sa propre structure ou comme salarié habilité d’une agence. Dans le second cas, il faut que son contrat de travail soit compatible avec son titre de séjour — ce que ni la CCI ni les guides généralistes ne précisent.

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MG
Marie Gattepaille
Spécialiste formalités juridiques · LegiDesk

Plus de 200 dossiers de carte T, licence de transport, licence 4 et autres formalités traitées. Bordeaux · SIRET 929 555 233. Voir tous mes articles →

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